Du biométhane à Quimper

Quimper : la construction d’une centrale territoriale d’injection sera lancée par le groupe Vol-V d’ici décembre pour une mise en service fin 2016.

le-projet-de-la-centrale-tel-que-presente-par-ses-promoteurs_2536486_614x405pLes porteurs de projet de la centrale de biogaz du Grand Guélen ont annoncé hier, dans le cadre du festival Breizh Transition, que le chantier allait débuter en décembre. Cette unité devrait être mise en service pour la fin 2016. Le site quimpérois sera l’un des premiers en France à produire du biométhane injecté dans le réseau. « Une vitrine pour la Bretagne » estime son promoteur.

« Votre projet est en cohérence avec ce que nous voulons pour Quimper et la Cornouaille, s’est félicité hier Ludovic Jolivet devant Cédric de Saint-Jouan, un Breton, patron de la société Vol-V basée à Montpellier. Il faut bien sûr lever quelques peurs comme la manifestation de ce matin l’a montré (voir ci-contre). Des peurs trop souvent animées par certains mouvements nocifs d’une écologie punitive ». Ludovic Jolivet qui n’avait pu terminer son discours d’inauguration le matin a profité du point sur la future usine de biogaz de Quimper en début d’après-midi pour régler ses comptes et dire son credo. « Depuis 20 ans, on investit sur des procédés nouveaux, a continué le maire. On passe de l’idéal au concret. Il y a eu l’usine d’incinération de Briec qui chauffe aujourd’hui des serres, les bus au gaz qui représente 90 % du parc, la station d’épuration dont le méthane est injecté dans le réseau ». Et donc aujourd’hui la centrale de biogaz du Grand Guélen.

« Une vitrine »

« Nous travaillons depuis 1996 dans les énergies renouvelables en Allemagne, en Espagne et depuis 2000 en France dans l’éolien, a expliqué Cédric Saint-Jouan. Nous avons fait aussi le pari du gaz vert. S’il y a aujourd’hui en France 400 projets de cogénération biogaz électricité ou chaleur, il y a seulement quinze projets de biogaz avec injection dans le réseau. La première production de biométhane injecté dans le réseau a été inaugurée au début du mois à Strasbourg. Nous sommes parmi les défricheurs avec deux projets importants dont le chantier va démarrer en fin d’année à Quimper et Amiens. Nous parions sur cette énergie stockable, non intermittente, qui mobilise des compétences locales. C’est un projet vertueux qui est une vitrine pour la Bretagne, la France ». Vol-V a aujourd’hui sept projets de centrales sur les rails dont trois en Bretagne à Quimper, Châteaulin (dont le chantier devrait commencer au printemps) et Montauban-de-Bretagne.

Production de proximité

Clotaire Lefort, directeur général de Vol-V biomasse, a rappelé le projet lancé en janvier 2011. Il traitera 30.000 tonnes de matières organiques issues de 40 à 50 % de l’agro-industrie quimpéroise, apportés à 40 à 50 % par des agriculteurs de Saint-Evarzec soit distants au maximum de 7, 5 km et de 5 à 10 % de la collectivité (tontes de pelouse des paysagistes par exemple). Le biométhane produit représentera l’équivalent de la consommation de 6.300 personnes, ou encore plus de deux fois la consommation des bus au gaz de Quimper. Le digestat (résidu d’exploitation) sera redonné aux agriculteurs, pour l’enrichissement des terres, soit l’économie de 60 tonnes par an d’ammonitrate. « Nous avons 17 agriculteurs partenaires au total, neuf pour la production de matière et huit de plus pour l’utilisation des digestats ».

9 M€ avec un début des travaux avant Noël

Le coût de construction de cette centrale est de 9 M€, « dont 40 % iront aux entreprises régionales ». L’exploitation rapportera 1 M€ de charges annuelles et quatre emplois. « Notre projet s’appuie sur la sécurisation de l’approvisionnement et sur une régularité de production toute l’année » ajoute Cédric Saint-Jouan. « Nous nous engageons avec confiance sur une période de 10 à 15 ans, a précisé François Le Fort, directeur industriel de Doux, impliqué à Quimper et Châteaulin. Ce projet fait sens pour nous ». Le chantier de la centrale débutera avant Noël pour une mise en service un an plus tard fin 2016.

Source de l’article Le Télégramme | Auteur Ronan Larvor | Le 19 septembre 2015

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