Le biométhane carburant sort de l’ombre

Avant le Mondial de l'automobile, une étude fait le point sur ce carburant alternatif. En Europe, la Suède est le pays le plus en pointe, «tandis que la France est encore à l'heure des balbutiements».

Le Mondial de l’automobile, qui commence samedi à Paris, offre un moyen de mettre en lumière les carburants alternatifs, dont l’essor est programmé même s’il reste encore timide. Ainsi le biométhane carburant, dont le développement fait l’étude d’une étude conjointe du cabinet Sia Partners et du collectif France Biométhane, qui rassemble la quasi-totalité des acteurs du secteur.

En introduction, ce document rappelle d’abord que les véhicules au gaz naturel (GNV) deviennent une alternative de plus en plus crédible aux véhicules thermiques classiques fonctionnant à l’essence et au diesel: «En 2015, plus d’1,3 million de véhicules roulant au GNV étaient immatriculés en Europe, un chiffre qui a grimpé de 9% en un an avec plus de 100.000 nouveaux véhicules GNV immatriculés sur l’année.» Cette progression est réelle mais elle doit être replacée à l’échelle du parc automobile européen dans son ensemble, qui approche les 300 millions de véhicules.

Manque d’infrastructures de ravitaillement dédiées

L’observatoire de Sia Partners et France Biométhane rappelle dans la foulée que l’Italie, l’Allemagne et la Suède appuient au premier chef la filière GNV tandis que la France arrive en quatrième position avec un parc de près de 14.000 véhicules fin 2015. Les deux premiers, Italie et Allemagne, détiennent pas moins de 80% des véhicules GNV actuellement en circulation. Pourrait-on faire plus? «Le principal obstacle au recours au GNV réside dans le manque d’infrastructures de ravitaillement dédiées, répond l’étude. Cela se vérifie notamment en France, où ces infrastructures sont privées, manquent de moyens et axent d’abord leur développement autour des flottes captives, ce qui rend compliqué l’essor des véhicules particuliers roulant au GNV.»

S’agissant plus spécifiquement du biométhane carburant, la filière est encore peu répandue et surtout très déséquilibrée puisque la Suède en consomme plus de 60%. «C’est le pays pionnier dans ce domaine, celui qui fait office de référence, largement devant l’Allemagne tandis que la France est encore à l’heure des balbutiements», commente Cédric de Saint-Jouan, le fondateur de France Biométhane. D’un pays à l’autre, des mécanismes de soutien à la filière ont vu le jour – instaurations de quotas de biocarburants, exonérations fiscales, encouragements à investir… – «mais ces efforts plus ou moins prononcés ne sont pas propres au biométhane, poursuit Cédric de Saint-Jouan, d’où la nécessité de faire plus et surtout de mieux cibler les actions en faveur de notre carburant.»

Source de l’article Le Figaro.fr l Auteur Frédéric De Monicault l Le 29 Septembre 2016

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