Biométhane carburant : qui sont les pays leaders en Europe ?

Il n’y aura pas pléthore de moteurs au biométhane au Salon de l’automobile, qui ouvre ses portes à Paris ce samedi. C’est normal : les véhicules au gaz sont eux-mêmes des plus rares dans l’Hexagone. Selon le site gaz-mobilite.fr, 13 000 véhicules au gaz naturel véhicule (GNV) y sont en circulation, soit moins de 0,2% du parc ; surtout des bus et des bennes à ordure – 10% de ces derniers roulent au GNV.

La Suède roule au biogaz épuré…

Si le Mondial de l’automobile avait lieu à Stockholm, on y sentirait sans doute un peu plus l’odeur du gaz. Selon l’étude que viennent de publier le think tank France Biométhane et le cabinet SIA Partners, la Suède est championne européenne de la consommation de biométhane carburant : 62% du gaz brûlé par ses 75 000 véhicules au gaz est d’origine renouvelable. Une réussite qui trouve son origine dans une politique d’encouragement pionnière, initiée il y a dix ans et marquée notamment par l’exonération de toutes les taxes pour les véhicules propres en 2009, une mesure qui se trouve prolongée jusqu’en 2020 pour le biométhane carburant.

L’Allemagne avait fait de même et ce dès 2006, mais l’avantage fiscal vient d’être supprimé. Parmi les adeptes européens du biométhane carburant, Berlin pointe pour l’instant au 2e rang, avec une proportion de 22% de bio dans le gaz pour les véhicules. L’Allemagne est suivie par la Finlande qui, fait assez exceptionnel, ne développe que la filière biométhane, pas celle du GNV fossile.

… Paris aussi, mais dans dix ans

Et la France dans tout cela ? La loi de transition énergétique fixe un objectif de 10% de gaz vert dans la consommation totale en 2030. Ce qui pourrait équivaloir à 30 TWh. On en est à 0,4 TWh et la route va être longue, même si le nombre de projets biométhane progresse (230 sont en cours, selon GRTGaz), soutenu notamment, côté mobilité, par de grandes collectivités. Philippe Van Deven, directeur général de GNvert, filiale d’Engie dédiée au biométhane, rappelle ainsi que la RATP dispose déjà de 90 bus au gaz. « En 2025, ils seront 900 et tous rouleront au biométhane, car c’est une exigence de la Mairie de Paris. Il en est de même pour les bennes à ordures. Et on observe ce mouvement pour les flottes de certaines entreprises, comme Carrefour et Ikea ».

Mais comme le défend Cédric de Saint-Jouan, président de l’association France Biométhane et cofondateur de Vol-V, il faut aller plus vite et plus loin. « En premier lieu, le biométhane doit être considéré comme un biocarburant avancé et exonéré à ce titre de la Contribution Climat Energie, une taxe assez paradoxale en l’occurrence. Deuxième levier majeur : le développement des points de recharge au GNV dans les stations-service, car la consommation de GNV va puissamment tracter celle du biométhane ».

Source de l’article GreenUnivers l Auteur Jean Philippe Pié l Le 29 Septembre 2016

Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux