Les projets d’appels d’offres biométhane soulèvent peu d’enthousiasme

« L’enfer est pavé de bonnes intentions », formule Cédric de Saint Jouan pour qualifier les appels d’offres biométhane prévus par le ministère de l’Environnement et dont la possibilité est désormais confirmée à l’article 5 du nouveau projet de loi Energies renouvelables (consultable ci-dessous).

Le cofondateur du développeur et producteur Vol-V et président du think tank France Biométhane considère que c’est le pire que l’on puisse faire pour accélérer la filière biométhane, alors que c’est l’objectif même annoncé par le gouvernement.

Un projet contre-productif ?

Selon Cédric de Saint Jouan, l’un des principaux points de blocage des projets biogaz et biogaz épuré réside dans la prudence des financeurs. Or la procédure d’appels d’offres réduit évidemment la visibilité sur les prix. En outre, elle rallonge a priori les délais entre les premières études de développement et la mise en service, puisqu’il faut s’inscrire dans le calendrier des compétitions et tenir compte de l’instruction de candidatures, le tout sans garantie de succès.

“Un non sens qui manifeste une certaine méconnaissance du terrain et de la correspondance avérée entre la procédure d’appel d’offres et la maturité d’une filière”, critique ce développeur éolien lancé dans le biométhane depuis 2010, qui préférerait largement une prolongation de cinq années des contrats d’obligation d’achat, aujourd’hui de 15 ans, pour rassurer les banques.

L’arrêté PPI (Programmation pluriannuelle des investissements) d’avril dernier prévoit 8 TWh de biométhane injectés en 2023. A la même époque, GRDF faisait le point sur sa ressource : l’opérateur réseaux filiale d’Engie disposait de 17 sites pour l’injection de biogaz épuré, qui fournissent 279 GWh par an…

Source d’article GreenUnivers l Auteur Jean-Philippe Pié l Le 21 Octobre 2016

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