La filière biométhane veut s’imposer dans le débat politique

Cédric de Saint-Jouan, le président du collectif France Biométhane, réclame un véritable soutien aux pouvoirs publics. Dans un appel adressé aux postulants à la primaire de la droite et du centre, il souligne combien la France a besoin de gaz vert.

«Messieurs, Madame les postulants à la primaire de la droite et du centre», Cédric de Saint-Jouan y va franco. A quelques encablures de l’élection présidentielle, le président du collectif France Biométhane a pris la plume pour rappeler aux politiques combien il était crucial de prendre – rapidement – des engagements en faveur du gaz vert.

Son propos, dont Le Figaro a pris connaissance, s’ancre d’abord autour des grandes réalités environnementales: «La question n’est plus aujourd’hui de savoir si nous allons subir les dérèglements climatiques ni dans quelle mesure l’homme en est responsable, mais s’il n’est pas déjà trop tard pour éviter des préjudices irrémédiables pour l’avenir de l’humanité.» Et de rappeler ensuite à quel point le recours aux énergies vertes est indispensable pour limiter le plus l’augmentation des émissions de CO2. «L’année 2015 fut un véritable tournant avec 90% des capacités électriques installées dans le monde cette année- là qui étaient à base d’énergies renouvelables», rappelle au passage Cédric de Saint-Jouan.

Le biométhane carburant sort de l’ombre

A ses yeux, la deuxième phase de la transition énergétique dans laquelle nous entrons aujourd’hui concerne les transports, «à l’origine de près de 14% des émissions de gaz à effet de serre provoquées par l’activité humaine». Cédric de Saint-Jouan ne réfute pas les progrès présentés par le développement des véhicules électriques mais il précise aussitôt que face à l’impossibilité de faire rouler les poids lourds à l’électrique, l’autre composante majeure de la nouvelle étape de la transition énergétique réside dans le GNV (Gaz Naturel pour véhicule) et son pendant renouvelable le bioGNV ou biométhane.

«La filière biométhane, qui en est encore à ses balbutiements, offre de nombreux avantages: produite en France, elle répond à l’objectif d’indépendance énergétique nationale, explicite le président de France, valorisant issus ses déchets des secteurs organiques agricoles ou elle offre des perspectives complémentaires à des acteurs actuellement en pleine crise de mutation et subissant de plein fouet la concurrence internationale ; enfin modèle d’économie circulaire, elle limite le recours à l’enfouissement des déchets et fournit du digestat aux agriculteurs qui économisent alors des engrais chimiques.» Dans ces conditions, la conclusion de Cédric de Saint-Jouan se veut aussi forte que limpide: pour la France, l’enjeu de cette deuxième phase de la transition énergétique appliquée au gaz est de faire émerger une industrie nationale du biométhane forte et exportatrice en ingénierie.

La filière du biométhane s’organise en France

24 sites en exploitation en France
Cela ne signifie pas non plus que rien n’a été fait jusqu’à présent: France Biométhane rappelle que des mesures de soutien ont été prises dans plusieurs pays européens, dont la France et l’Angleterre qui ont institué chacun un tarif d’obligation d’achat du gaz vert en 2011. Mais l’évolution entre les deux pays est contrastée: cinq ans après l’instauration de cette mesure, l’Angleterre produit 3,5 térawattheures (TWh) de gaz vert quand la France ne produit que 0,3 TWh.

Ce chiffre très bas dans l’Hexagone par rapport à son voisin britannique est étayé par le fait que la France ne recense aujourd’hui que 24 sites en exploitation, dont les deux tiers relèvent de groupements d’agriculteurs – quand les autres unités sont portées par des collectivités locales à partir de boues d’épuration, d’ordures ménagères ou de décharge. En 2018, GRDF (le réseau de distribution de gaz en France) prévoit une centaine d’unités de biométhane en exploitation, qui devrait permettre d’approcher l’objectif de cette année-là fixée à

de biométhane dans la consommation de gaz français en 2030, note encore Cédric de Saint-Jouan, une industrie qui, d’après le Club Biogaz, devrait permettre d’atteindre 15.000 emplois permanents dans le biogaz en 2010». Bref, un cap ambitieux mais qui implique de redoubler d’efforts.

Source de l’article Le Figaro.fr l Auteur Frédéric de Monicault l Le 01 Novembre 2011

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