Le gaz vert veut accélérer

La filière biométhane réclame rapidement des mesures chocs.
À quelques mois de l'élection présidentielle, la filière biométhane veut se faire entendre. Vendredi, elle a publié un livre blanc, à destination de l'ensemble des candidats.

À quelques mois de l’élection présidentielle, la filière biométhane veut se faire entendre. Vendredi, elle a publié un livre blanc, à destination de l’ensemble des candidats. Le document, qui fait un état des lieux du secteur, trace surtout les pistes à suivre pour atteindre l’objectif ambitieux des pouvoirs publics de 10 % de gaz vert dans la consommation de gaz en France à l’horizon de 2030.

«En creusant ce sillon, le pays démarre une nouvelle phase de la transition énergétique», souligne Cédric de Saint-Jouan, le président de France Biométhane, le think-tank à l’origine du livre blanc – avec le concours du cabinet de conseil Sia Partners.

Simplification administrative

Cinq ans exactement après le lancement de la filière avec la création des tarifs d’obligation d’achat en novembre2011, 24 unités d’injection de gaz naturel sont aujourd’hui en service, pour une production annuelle de 0,3 térawattheures (TWh) – soit moins de 0,1 % de la consommation de gaz. Les deux tiers de ces unités sont pilotées par des groupements d’agriculteurs, avec du gaz produit à partir de déchets agricoles. Les collectivités territoriales gèrent les autres installations – fonctionnant à partir de boues d’épuration, d’ordures ménagères et de sites de décharges. Le démarrage dans l’Hexagone est encore plus timide en comparaison de la Grande-Bretagne – qui a également instauré un tarif d’obligation d’achat du biométhane en 2011 et qui recense désormais 75 unités pour un volume de 3,5 TWh par an.

«La première chose pour hâter notre développement consiste dans la simplification des autorisations administratives, souligne Cédric de Saint-Jouan, pour éviter les recours abusifs qui retardent l’avancement de nos dossiers, il faudrait instaurer un “tribunal dédié”, sur le même modèle que la juridiction de Nantes spécialisée dans l’éolien offshore.» Qu’il s’agisse du biométhane ou des autres énergies vertes, les professionnels du renouvelable se plaignent régulièrement des lourdeurs réglementaires, qui font que les projets mettent plusieurs années pour sortir de terre.

France Biométhane pousse également en faveur de la prolongation de la durée du contrat d’achat de gaz vert de quinze à vingt ans: «Cela permettra aux banques de rééchelonner la dette en cas de problème pendant l’exploitation de la centrale, reprend Cédric de Saint-Jouan, et surtout d’allonger la durée des prêts, ce qui baisse le montant des échéances bancaires pour les projets.» En moyenne, la construction d’une unité de méthanisation nécessite un investissement de plusieurs millions d’euros.

Enfin, la filière souhaite une accélération de l’utilisation du gaz naturel pour véhicule (GNV et bioGNV) dans la mobilité des bus et des poids lourds. Pour cela, le maillage des stations proposant ce type de carburants doit être renforcé: actuellement, on compte 63 stations en France, contre plus de 900 en Italie et en Allemagne. Ces deux pays couvrent 75 % des 2500 stations déjà construites en Europe.

Source de l’article Le Figaro l Auteur Frédéric De Monicault l Le 4 Décembre 2016

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