Biométhane: le décollage du secteur se confirme

Le Think Tank France Biométhane publie aujourd’hui son deuxième Observatoire du secteur.

Identifié comme un vecteur majeur de la transition énergétique en Europe et en France, le gouvernement a fixé un objectif de 10% de biométhane dans la consommation française de gaz naturel en 2030.

Si le Think Tank se félicite de l’augmentation des capacités de production en France, l’injection de biométhane passant de 215 Gwh en 2016, ce qui correspondait déjà à une hausse de 162 % par rapport à 2015, à 440 Gwh/an en mars 2017 , Cédric de Saint Jouan son président, regrette toutefois que la frilosité des banques à financer les projets freinent encore trop le développement de cette filière d’avenir.

Il insiste également sur la lourdeur des régimes d’autorisations d’exploitations ainsi que sur la nécessité de faire passer la durée des tarifs d’obligation d’achat du gaz de 15 à 20 ans afin de donner aux banques plus de souplesse dans leurs perspectives de rééchelonnement de prêts.

En mars 2017, 241 projets étaient inscrits en attente sur les réseaux GRDF et GRT Gaz représentant un potentiel de production annuelle de 5 Twh.

Communiqué de presse :

Le Think Tank France Biométhane et SIA Partners, cabinet de consulting, spécialisé dans le domaine de l’énergie et partenaire de France Biométhane, publient ce jour, le 2eme Observatoire dédié au biométhane.

Cet observatoire indépendant permet de suivre le marché et les perspectives du biométhane en France et en Europe.

Ce deuxième observatoire montre qu’en 2016, l’injection de biométhane a atteint 215 Gwh, soit une hausse de 162 % (vs 2015). En mars 2017, la capacité de production a atteint, sur le territoire français 440 Gwh/an. En outre, 241 projets étaient inscrits en attente sur les réseaux GRDF et GRT Gaz représentant un potentiel de production annuelle de 5 Twh.

Ce 2eme Observatoire confirme le décollage de ce nouveau marché : partie prenante de la transition énergétique, le biométhane ouvre de nouvelles voies pour la production de gaz en Europe. En France, l’injection de biométhane dans les réseaux connait, depuis 2014, une très forte dynamique. 9 nouveaux sites ont déjà été mis en service en 2016, et 3 depuis 2017, portant ainsi à 29 le nombre d’installations depuis 2011.

Identifié comme un vecteur majeur de la transition énergétique en Europe et en France, le gouvernement a fixé un objectif de 10% de biométhane dans la consommation française de gaz naturel en 2030. En tant que carburant, le biométhane pourra bénéficier de l’essor du GNV, carburant qui dispose de nombreux atouts pour la lutte contre les particules fines : le gaz pourrait ainsi représenter 14% de l’énergie consommée dans les transports en 2030. Encore au stade de projet pilote, le biométhane 2eme génération, produit à partir de biomasse solide par gazéification, pourrait représenter 35% du gaz consommé en 2050.

Mais pour Cédric de Saint Jouan, président du think tank France Biométhane « les chiffres de la croissance de la filière injection de biométhane ne doivent pas masquer le fait que son développement est encore très lent par rapport aux objectifs, et son financement est encore largement freiné par les réticences des banques face à des risques importants. Cette filière reste globalement soumise à des régimes d’autorisations complexes, concernant tant les autorisations d’exploiter que des contraintes liées à la valorisation du digestat. Le tarif d’obligation d’achat du gaz reste le socle du développement du biométhane en France, mais la durée du tarif fixée à 15 ans limite les banques dans leurs perspectives de rééchelonnement des prêts en cas de difficulté de remboursement des installations. Pour rassurer les banques, il est nécessaire de prolonger ce tarif à 20 ans.

Malgré des modifications réglementaires récentes, avec notamment l’arrivée de l’autorisation environnementale, les réglementations restent extrêmement contraignantes. A titre d’exemple, la valorisation du digestat par plan d’épandage reste d’actualité pour les projets territoriaux, même si les intrants utilisés sont d’origine agricole ou agro-alimentaire. Par ailleurs, la durée des autorisations d’exploiter ICPE obtenues à ce jour sont caduques si l’unité n’a pas été mise en service dans un délai de 3 ans (contrairement aux centrales éoliennes ou solaires), ce qui, cumulé aux réticences des banques, fragilise la réalisation des installations », déclare Cédric de Saint Jouan.

A propos du Think Tank France Biométhane

Lancé en avril 2016 à l’initiative de Cédric de Saint Jouan, le think tank France Biométhane, 1er Observatoire indépendant dédié au biométhane, rassemblant désormais autour de lui plus de 200 sociétés expertes dans cette filière, vise à accélérer l’acceptation sociétale et l’image du biométhane. A présidence tournante d’une durée de 2 ans, Cédric de Saint Jouan en assure la première, Simon Clodic (Cryo Pur) est Secrétaire du think tank et Frédéric Flipo (Evergaz), trésorier.

France Biométhane communique et assure sa visibilité grâce à un site internet www.france- biomethane.fr. A l’attention du grand public, des acteurs politiques locaux et nationaux, des universitaires, des journalistes, ce site, véritable portail d’informations, propose des chiffres clés, donne des indicateurs du secteur en montrant les évolutions du biométhane en Europe et en France.

Des textes réglementaires et législatifs, des articles de presse, des rapports et des études seront consultables en ligne ainsi que des tribunes mensuelles et des interviews rédigées par les fondateurs et par les membres du think tank.

Cédric de St Jouan

Fondateur et Président de Vol-V, son expertise concerne les financements corporate de projets. Engagé au service des énergies renouvelables depuis plus de 20 ans, il fonde le groupe Vol-V et leur filiale solaire et biomasse. Le groupe, implanté dans plusieurs grandes villes en France, se positionne comme un producteur indépendant d’électricité et de gaz renouvelable qui développe, finance, construit et exploite des centrales éoliennes, des centrales solaires photovoltaïques et des usines de biométhane.

Sia Partners est devenu en quinze ans le leader des cabinets de conseil français indépendants. Cofondé en 1999 par Matthieu Courtecuisse, Sia Partners compte plus de 700 consultants pour un chiffre d’affaires de 115 millions d’euros. Le Groupe est présent dans treize pays ; les Etats- Unis représentant le deuxième marché. Sia Partners est reconnu pour son expertise pointue dans l’énergie, les banques, l’assurance, les télécoms et le transport.

Source de l’article  Economie Matin l Auteur Michel Delapierre l Le 28/04/2017

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