Biogaz : la France exporte sa technologie en Chine

La Chine va expérimenter la méthanisation de déchets urbains dans une de ses mégapoles, Huangzhou, avec l'aide d'une entreprise française, spécialisée dans le biogaz.

C’est une véritable coopération franco-chinoise qui se noue dans le domaine du biogaz. Une entreprise française Evergaz va construire un démonstrateur, une usine-pilote, pour transformer les déchets urbains d’un nouveau quartier de Huangzhou, à quelque 200 km de Shanghai, par la méthanisation : la fermentation, à l’abri de l’air, des déchets, et leur transformation en gaz ou en électricité raccordée au réseau local.

La France petit acteur du marché du biogaz…

La France n’est pourtant qu’un petit acteur de ce marché du biogaz, loin derrière l’Allemagne, premier producteur mondial. Mais là où l’Allemagne transforme surtout des déchets végétaux en gaz et en électricité – l’Allemagne a même encouragé la culture du maïs spécialement pour cet usage, ses réserves foncières étaient importantes à l’Est et il fallait compenser l’arrêt du nucléaire par les énergies renouvelables à tout prix -, la France a fait d’une contrainte, qui empêchait les méthaniseurs d’accepter plus de 15% de cultures végétales, une opportunité, puisqu’on transforme aujourd’hui dans l’Hexagone plein d’autres déchets en biogaz, jusqu’à 1 200 différents !

… mais diversité des déchets traités

La réglementation de 2012 qui impose aux restaurants en France de composter ou de méthaniser leurs déchets sauf à s’acquitter d’une lourde taxe a donné un coup de pouce supplémentaire au secteur français du biogaz, qui sait aujourd’hui fermenter les huiles de friture, les boissons ou les yaourts périmés, les épluchures, les chutes de viande, en plus des déchets verts classiques comme les herbes de tonte, ou les déjections des animaux.

Et c’est la diversité des déchets transformés en France qui intéresse la Chine. La Chine produit déjà du biogaz, elle est même le numéro deux mondial. Mais dans d’innombrables petites unités familiales, où l’on transforme les déchets de la maison ou de la ferme en gaz pour le chauffage et la cuisson. Il y a bien en Chine des exemples de production de biogaz à grande échelle, mais attachés à quelques grands élevages de porcs, où l’on transforme uniquement leur lisier en gaz.

La Chine veut maintenant acquérir le process de méthanisation d’une plus grande variété de déchets organiques, en zone urbaine. Plus question d’incinérer à tout va les déchets urbains. Ni de les enfouir, cela demande beaucoup de surfaces, qui perdent alors leur valeur, sans compter les risques de pollution de l’eau. Dans le nouveau quartier durable de Huangzhou, le démonstrateur d’Evergaz a donc de fortes chances d’aboutir à l’installation d’un site pérenne.

Source l’article RFI l Auteur Claire Fages l Le 13 Décembre 2017

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