résultats biométhane 2017

Biométhane breton. Il y a de l’or dans le gaz

GRDF promet un bel avenir au biométhane breton, issu des déchets agricoles organiques. La région a les capacités suffisantes pour devenir exportatrice de ce gaz plus écologique.

La filière bretonne du biométhane met les gaz ! La région dispose désormais de quatre sites d’injection de cette énergie verte et un cinquième entrera en service cet été à Châteaulin (29), qui produira l’équivalent de la consommation de 2.250 logements. Et ce n’est qu’un début : GRDF étudie une trentaine de projets du type. Les avantages de la méthanisation commencent à être bien connus dans la région.

« Dans les Côtes-d’Armor, la plupart des agriculteurs veulent s’y mettre »

, se réjouit Alain Raguénès, directeur adjoint de GRDF Bretagne.

Pour les exploitants agricoles, la méthanisation permet de valoriser les déchets organiques et d’en tirer un revenu supplémentaire. L’opération est aussi positive pour l’environnement. L’effet de serre du méthane produit par les déjections animales est 25 fois plus puissant que le CO2. En réutilisant les déjections animales, notamment, la facture écologique est sacrément réduite. Jugez plutôt : si la part du biométhane dans la consommation française de gaz atteint 30 %, la France remplirait un tiers de ses objectifs fixés par l’accord de Paris.

L’avenir est dans le lisier

C’est précisément le but que s’est donné GRDF pour 2030. Et la Bretagne a toute sa part à prendre dans les changements qui s’annoncent : elle possède 7 % des ressources tricolores en méthane. La moitié suffirait à couvrir ses besoins. La région peut donc se rêver en exportatrice de gaz… Mais cette mue n’est pas sans difficultés. La construction d’unité de méthanisation dans les fermes coûte cher. « Seules les plus grosses exploitations peuvent le faire », reconnaît Alain Raguénès.

Autre solution : apporter les déchets dans une usine spécialisée. C’est le modèle retenu par l’installation quimpéroise de Vol-V, ouverte l’année dernière et fournie en partie par une dizaine d’exploitants du coin. Le réseau aussi doit être adapté. Car il s’agit désormais de faire circuler le gaz dans l’autre sens, du local vers les grands tuyaux alimentant le secteur. Mais GRDF assure qu’il n’y a pas de difficulté majeure : le coût de la mise à niveau est relativement faible. Reste que la combustion du biométhane émet tout de même du CO2, à la différence d’autres énergies renouvelables. Mais l’environnement gagne au change, assure GRDF, bien décidé à mener ce qu’elle appelle « une révolution ».

Source de l’article © Le Télégramme l Auteur Romain Roux l Le 19 Février 2018

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