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Le groupe de travail méthanisation : où en est-on ?

Les résultats issus du groupe de travail sur la méthanisation seront un test de la volonté du gouvernement de soutenir la filière ou non

President-France-Biomethane

« Je ne crie pas avant d’avoir mal, mais je ne suis pas rassuré. » Interrogé suite à sa rencontre avec la Direction générale de l’énergie et du Climat (DGEC) sur la préparation des mesures d’encouragement à la méthanisation, Cédric de Saint-Jouan, président de Vol-V et du think tank France Biométhane reste dans l’expectative, seulement certain que « les résultats issus du groupe de travail seront un test de la volonté du gouvernement de soutenir la filière ou non ».

 

Où en est le groupe de travail avec les projets méthanisation ?

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La dernière réunion plénière de ce groupe de travail aura lieu lundi 26 mars mais il est possible que le ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES) ne dévoile pas dans la foulée les propositions sélectionnées et encore moins les mesures qui seront effectivement prises. « La DGEC attend d’en savoir plus sur la rentabilité effective des centrales en exploitation – une étude est en cours auprès des porteurs de projets – et des options doivent être prises, en fonction des futurs objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie », indique un membre du groupe de travail.

Lancée le 1er février, cette initiative a vu fonctionner cinq commissions en parallèle (soutien public, mobilité, raccordement, simplification réglementaire, financement), puis une sixième après le Salon de l’agriculture, le secrétaire d’État Sébastien Lecornu ayant alors insisté sur l’acceptabilité des projets. De ce côté-là, des efforts devraient être produits rapidement. L’Ademe travaille par exemple sur un mode d’emploi de la concertation. Tout aussi concrètement, le MTES est décidé à suivre les 300 projets méthanisation de la file d’attente et à contribuer à lever les blocages, notamment ceux liés aux financements bancaires. Le fonds de prêts sans garantie de 100 M€ sur plusieurs années, alimenté par le ministère de l’Agriculture, devrait faire aussi effet de levier.

Un trait sur le tarif sur 20 ans

D’autres demandes de la filière ont moins de chances d’aboutir : la réduction des niveaux de juridiction en cas de contentieux, par exemple, mais aussi la prolongation de cinq ans du tarif d’achat. Elles ne seront sans doute pas acceptées : d’une part parce que la DGEC et la Commission de régulation de l’énergie demanderaient alors une baisse du tarif nominal et de l’autre, parce que cela impliquerait de notifier à la Commission européenne, qui ne l’a pas été pour le tarif sur 15 ans.

Interrogée sur les mesures auxquelles le Syndicat des énergies renouvelables (SER) continue à donner la priorité, Johanna Flajollet-Millan, responsable de la filière bioénergies, en retient trois, en plus du fonds de prêts et de la simplification des juridictions : l’annualisation de la « Cmax » (capacité maximale de production), les appels d’offres pour les centrales en cogénération qui souhaitent plutôt injecter dans le réseau ou fonctionner en mode mixte et le statut du digestat, facile à étendre à toutes les installations puisqu’un cahier des charges existe déjà dans le secteur agricole.

Source de l’article GreenUnivers l Auteur Jean Philippe Pié l Le 22 Mars 2018

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