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Biométhane : les résultats 2017 inspirent de nouvelles ambitions et questions

L’objectif de 30% de biométhane dans la consommation de gaz en France en 2030, que les gestionnaires de réseaux gaziers et le Syndicat des énergies renouvelable (SER) ont décidé de promouvoir à la place de celui de 10% assigné par la loi, est-il vraiment accessible ?

Des résultats prometteurs pour le biométhane en 2017

L’objectif de 30% de biométhane dans la consommation de gaz en France en 2030, que les gestionnaires de réseaux gaziers et le Syndicat des énergies renouvelables (SER) ont décidé de promouvoir à la place de celui de 10% assigné par la loi, est-il vraiment accessible ?

Le ministère de la Transition écologique et solidaire semble un peu sceptique, encore plus la Direction générale de l’énergie et du climat. Ce sera l’un des enjeux de la Programmation pluriannuelle de l’énergie pour 2028. Seule certitude, ses promoteurs font tout pour en démontrer la faisabilité.

biométhane résultats 2017

La cuve de la nouvelle centrale de Senlis (OIse), pas moins de 200 Nm3 de capacité et la possibilité de monter à 400 (Crédit : J-P Pié)

 

Les objectifs 2023 à portée de main

Les résultats actuels du biométhane leur fournissent de bons arguments : 44 centrales de biométhane sont maintenant en service en France, contre 26 en 2016. La production a bondi de 89%. Mais ce volume de 406 GWh ne représente que 0,1% de la consommation totale…

Pourtant, les opérateurs de réseaux et le Syndicat des énergies renouvelable renouvelables (estiment être de plus en plus en ligne avec les objectifs officiels, en tout cas ceux qui sont prévus par la PPE pour 2023. La file d’attente est en effet passée à 361 projets, avec une capacité de production de 8 TWh, pile le niveau recherché pour 2023.

« La vraie mesure de la dynamique en 2017 se lit à travers (…) les 120 nouveaux projets inscrits dans le registre de gestion des capacités, représentant 2,8 TWh, contre 56 en en 2016 (soit 1,6 TWh) », détaille la 3e édition annuelle du « Panorama du gaz renouvelable », réalisée par les opérateurs gaziers et le SER, publiée aujourd’hui (consultable ci-dessous).

 

Les aides restent à concrétiser

Jerémy Perrot, responsable du pôle stratégie et innovation de Teréga (nouveau nom de TIGF) prévoit une capacité d’injection totale de 1,8 TWh dès 2019 et bel et bien 8 TWh en 2023, « si les mesures accélératrices proposées par le groupe de travail méthanisation sont traduites concrètement », en décrets et arrêtés. Par exemple, l’augmentation de la capacité maximale d’injection, qui permet de moins brider les méthaniseurs, alignée pour l’instant sur l’étiage estival de consommation de gaz. 

 

Quel budget, quelle méthanisation pour 2030 ?

Donc, les 8 TWh pour 2023 semblent accessibles. Du coup, les promoteurs du biométhane sont déjà passés à l’étape d’après, avec une marche beaucoup plus haute : les fameux 30% en 2030, ce qui suppose autour de 90 TWh de biométhane dont 50 TWh venant de la méthanisation, le reste étant produit par pyrogazéification (gaz de déchets brûlés) et power to gas (gaz post électrolyse décarbonée). Là, les points d’interrogation sont nombreux :

  1.  Il faut obtenir une enveloppe financière suffisante, sachant que le biométhane n’est pas gratuit : un peu moins de 100€/MWh selon Edouard Sauvage, directeur général de GRDF. La CRE estime que le soutien public pour cette année tournera autour de 100 M€.
  2. Il faut diminuer les coûts de production implique d’industrialiser, mais risque de laisser de coté l’essentiel des agriculteurs, ceux qui auraient justement besoin de revenus complémentaires et qui en plus ne sont pas nécessairement près d’un réseau de gaz. C’est un des soucis du ministère de l’Agriculture et de la FNSEA, dont GRDF s’est récemment rapproché
  3. Pointé par Marion Sevaz, coordinatrice du réseau énergie de l’ONG France Nature Environnement : « on se dirige vers la généralisation d’une méthanisation agro-industrielle, uniquement alimentée par de grandes exploitations et élevages agricoles intensifs. Ce n’était pas vraiment le but au départ. L’idée était d’avoir une méthanisation soutenable ».

 

L’ONG pointe en plus l’assouplissement à venir des demandes d’autorisation et des enquêtes publiques qui, à l’inverse de l’effet recherché par le gouvernement, risque in fine de retarder les projets en suscitant une opposition plus radicale. FNE propose de tout faire pour favoriser les projets de territoires, développés par des collectivités, en fonction des ressources locales et en associant les riverains. 

En grandissant et en voulant le faire de plus en plus vite, la troisième filière des nouvelles EnR après le solaire et l’éolien devient elle aussi, et logiquement, un sujet de société.

 

Consultez les résultats complet biométhane de 2017 : Panorama du gaz renouvelable en 2017

 

Source de l’article GREENUNIVERS l Auteur Jean-Philippe Pié l Le 06 Avril 2018

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