France Biométhane craint une PPE 2023 révisée à la baisse

Avec une PPE 2023 révisée à la baisse, cela met l’accent sur l’absence d'une vision réellement industrielle pour la filière biométhane

 

« Avec moins d’1 TWh de biométhane injecté en 2017, l’objectif fixé par la PPE pour 2018 semble difficilement atteignable. Une révision de la programmation aura lieu courant 2018 et pourrait se traduire par une baisse de la cible pour 2023. » Publié aujourd’hui, l’état des lieux détaillé du biométhane du groupe de réflexion France Biométhane et SIA Partners (consultable ci-dessous) fait entendre une petite musique différente de celle du Panorama du gaz renouvelable présenté la semaine dernière par les gestionnaires de réseaux de gaz et le Syndicat des énergies renouvelables.

 

« Ce n’est pas comme cela qu’on lance une filière industrielle »

Ceux-ci insistent sur les 361 projets dans la file d’attente, mobilisant 8 TWh soit une capacité proche de l’objectif PPE de 2023. Pour sa part, Cédric de Saint-Jouan, président du think tank et du développeur Vol-V, préfère mettre l’accent sur l’absence de vision réellement industrielle pour la filière. « Traumatisée par le solaire, l’administration craint d’encourager des rentabilités excessives dans certains projets et n’a pas eu toutes les réponses qu’elle souhaitait là dessus ». Selon ce professionnel, les propositions du groupe de travail méthanisation retenues par le gouvernement lui permettent de continuer sur sa lancée, pas d’accélérer.

La production de 10% de la consommation de gaz avec du biométhane en 2030 ne serait  pas non plus garantie. Cédric de Saint-Jouan appelle de ses vœux un soutien bancaire plus important – « le fonds de 100 M géré par le ministère de l’Agriculture va surtout aider les petits projets, ce n’est pas comme cela qu’on lance une filière industrielle » – et des mesures stratégiques comme l’augmentation de la capacité réglementaire de production (la « Cmax »). L’optimisme des gestionnaires de réseaux semble donc ici tempéré par une vision de développeur confronté aux difficultés pratiques de financement et à une rentabilité difficile à cerner, par manque de recul sur les projets récents. 

 

Coup de projecteur sur les microalgues 

Ceci dit, les nouveaux travaux de France Biométhane et SIA Partners ne sont pas pessimistes. Parmi les bonnes nouvelles émises par le secteur, le think tank attire l’attention sur les filières de production émergentes, la pyrogazéification, le power to gas mais aussi celle des microalgues, peu évoquées en général : « concentrée autour des secteurs chimie-raffinage-pétrochimie, alimentation animale et services de l’environnement, la filière du biométhane issu des microalgues possède un potentiel dès 2020 estimé entre 1 et 9 TWh/an. » En l’état actuel de la production réelle, cette contribution peut se révéler bonne à prendre ; il reste à savoir à quelles conditions.

 

22 stations en plus pour le biométhane carburant

Autre bonne nouvelle, pas moins de 22 stations-services (Air Liquide, GNVert…) devraient rejoindre cette année le réseau de ravitaillement des véhicules au gaz, qui en compte 76 dont 43 avec une pompe au gaz renouvelable. L’international est lui aussi porteur de messages positifs : « Avec plus de 200 unités, l’Allemagne reste le premier marché de la filière en Europe » et « le Royaume-Uni a triplé son nombre d’unités sur les 3 dernières années. L’Italie, qui dispose d’une des plus grande capacité de production de biogaz, pourrait rapidement rejoindre les leaders européens. »

 

 

Consultez l’Observatoire de France Biométhane : Démarche et méthodologie        

Source de l’article GREENUNIVERS l Auteur Jean-Philippe Pié l Le 9 Avril 2018

Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux