De nouvelles stations-service au gaz naturel vont ouvrir en Ile-de-France

Le réseau des stations-service au gaz naturel se développe en France. Pour répondre aux besoins du marché, il est nécessaire d'atteindre l'objectif d'environ 250 stations contre une quarantaine aujourd'hui.

Le Sigeif prévoit d’ouvrir une dizaine de stations GNV en région parisienne. Son projet s’inscrit dans le plan national de développement du GNV dans l’Hexagone.

Une nouvelle étape vient d’être franchie sur le port de Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne), où doit s’ouvrir d’ici à quelques mois la plus grande station-service au gaz naturel de France. Le Sigeif (Syndicat intercommunal pour le gaz et l’électricité en Ile-de-France), qui porte ce projet, a attribué le contrat d’exploitation de cette station GNV (gaz naturel pour véhicules) à Endesa, filiale de l’énergéticien italien Enel.

Accords avec les transporteurs

La station-service, qui s’étendra sur 4.000 m2, doit pouvoir accueillir à terme quatre camions simultanément. Et le Sigeif compte sur la signature prochaine de premiers contrats avec des transporteurs. « La zone accueille 150 entreprises, dont beaucoup sont tournées vers la logistique. Certaines devraient être intéressées par la conversion de leurs camions », indique Jean-Michel Philip, directeur général adjoint du Sigeif, évoquant le transporteur TAB, qui exploite une centaine de véhicules, ou La Poste, avec laquelle le syndicat a signé un partenariat fin 2014 pour développer les véhicules au GNV. L’ouverture est prévue pour fin septembre.

La station de Bonneuil-sur-Marne ne constitue pour le Syndicat qu’une première étape. Le Syndicat, qui regroupe 185 communes d’Ile-de-France, s’est fixé pour objectif d’en construire une dizaine en région parisienne. « Nous sommes attachés à la qualité de l’air dans la région », explique Jean-Michel Philip. « Or pour les poids lourds et les véhicules utilitaires, la seule alternative à l’essence et au diesel est le gaz naturel. » Les moteurs au gaz naturel réduisent de 50 % les émissions de NOx, et de 90 % les particules. Leur bilan carbone est équivalent à celui du diesel, mais il est inférieur de 25 % à celui de l’essence et peut même être neutre si le gaz utilisé est du biométhane (bioGNV).

« Le déclic en région parisienne a été le lancement du plan antipollution de la Ville de Paris, qui interdit progressivement les véhicules les plus polluants intra-muros », avance Jean-Michel Philip.

Parallèlement les constructeurs ont élargi leur offre. « Avec l’entrée en vigueur début 2014 de la norme Euro 6 sur les émissions polluantes, les constructeurs traditionnels de camions au GNV comme Iveco ou Renault Trucks ont été rejoints par Scania, MAN ou Volvo », explique aussi Gilles Durand, secrétaire général de l’Association française du GNV (AFGNV). Les véhicules au gaz sont plus chers de 10 à 20 % à l’achat, mais le carburant est jusqu’à 20 % moins cher.

Encore faut-il développer un réseau de stations-service GNV ouvertes à tous. L’Ile-de-France en compte à peine 5 aujourd’hui. « Il en faudrait environ 40 », souligne Jean-Michel Philippe.

Le Sigeif a déjà signé avec la Caisse des Dépôts un accord pour créer une société d’économie mixte, qui serait dotée de 3 millions d’euros de la part du Sigeif, sur les 15 à 20 millions nécessaires. « Nous espérons associer d’autres syndicats intercommunaux », poursuit le dirigeant.

Le plan d’action du Sigeif

La démarche du Sigeif s’inscrit dans le plan plus général élaboré par l’AFGNV à horizon 2020. « Le développement du parc de véhicules au gaz nécessiterait environ 250 stations, contre une quarantaine aujourd’hui », explique Gilles Durand. « Nous estimons que la majorité d’entre elles (150 environ), placées sur de grands axes, peuvent être rentabilisées grâce au trafic naturel sur ces axes et financées par le secteur privé : on en compte d’ailleurs une quarantaine en projet, pour 16 déjà ouvertes. En revanche, pour les 100 autres, il faudra recourir à des subventions publiques. »

L’AFGNV a chiffré à 200 millions d’euros les sommes nécessaires pour la filière. Le Sigeif, qui a investi 2 millions d’euros dans la station de Bonneuil (dont 200.000 euros reçus du conseil régional), table sur un retour sur investissement en quinze ans.

Source de l’article Les Echos.fr l Auteur Anne Feitz l Le 13 Avril 2016

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