Air Liquide se positionne sur le secteur en pariant sur la « mobilité propre »

Fournisseur d'équipement, le géant des gaz industriels Air Liquide investit aussi dans des projets. Pour Air Liquide, le biométhane représente clairement un sujet d'avenir.

« C’est un marché qui va se développer avec celui de la mobilité durable, nous en sommes convaincus », explique Pierre-Etienne Franc, directeur marchés et technologies avancées du groupe. Le géant des gaz industriels, qui veut devenir l’un des acteurs clefs de la mobilité durable, se positionne déjà concrètement sur le secteur.

Le fournisseur investit dans la filière du biogaz

Il fournit depuis plusieurs années des unités de purification de biogaz, permettant de transformer le gaz issu des méthaniseurs en biométhane, injecté dans le réseau de gaz naturel. Il a développé pour cela une technologie fondée sur l’utilisation de membranes polymères, qui a commencé par équiper, à compter du milieu des années 2000, une vingtaine de sites aux États-Unis. Avec le développement du biométhane en Europe, cette activité s’accélère : rien que sur les douze derniers mois, il a équipé 12 sites en Europe, portant à 50 le nombre d’unités vendues dans le monde.

Mais le groupe devient aussi lui-même opérateur. Il a déjà investi 12 millions dans 5 unités qu’il opère pour ses clients, dont 3 en France. Début 2015, il a même pris 5 % du capital de Fonroche Biogaz, la filiale du groupe Fonroche spécialisée sur ce segment. « Il s’agit pour nous d’intégrer l’ensemble de la chaîne de valeur », poursuit le dirigeant.

Dans la même optique, il a racheté fin 2014 la société suédoise FordonsGas, qui exploite un réseau de 50 stations de distribution de bioGNV (gaz naturel pour véhicule). Et il vient tout juste d’inaugurer à Fléville, près de Nancy (Meurthe-et- Moselle), une station-service qui distribue à la fois du GNV, du GNL (gaz naturel liquéfié) carburant et de l’azote liquide permettant d’alimenter les camions équipés d’un groupe froid cryogénique, pour le transport réfrigéré de produits frais.

« Nous partons de la technologie pour enrichir notre savoir-faire sur toutes les solutions de mobilité propre qui utilisent le gaz », explique Pierre-Etienne Franc. « Nous construisons ainsi un nouveau marché potentiel pour le groupe : le gisement est très important, et ce dans le monde entier. » Visant aussi le développement de l’hydrogène pour la mobilité, Air Liquide devrait annoncer dans les semaines qui viennent des objectifs chiffrés dans ce domaine.

Source de l’article Les Echos.fr l Auteur Anne Feitz l Le 5 juillet 2016

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