Comment l’AFGNV veut booster le gaz carburant

L'Association Française du gaz naturel interpelle les pouvoirs publics pour favoriser le développement du biogaz : il faudrait au moins le triple de stations de GNV pour répondre aux besoins, soit environ 150 unités

L’Association Française du gaz naturel pour véhicules vient d’éditer un livre blanc dans lequel elle donne des pistes pour développer le gaz et le biogaz comme carburant. Les bénéfices environnementaux étant majeurs, il devient nécessaire d’accélérer la cadence.

Lors du salon Biogaz Europe de Janvier dernier, Gilles Durand, secrétaire général de l’AFGNV déclarait : « On observe depuis quelques années en France un regain d’intérêt pour le gaz dans les transports que ce soit pour le transport routier de marchandises ou de la part des professionnels du transport de voyageurs ». Soit, mais force est de constater que la France a accumulé un certain retard sur la question du déploiement du gaz et du biogaz carburant. Pourtant, le gaz est bien moins nocif pour l’environnement et pour la santé que le diesel. Et en se penchant sur son pendant vert cette fois, le biogaz, les bénéfices pour l’environnement sont même supérieurs, cette forme de gaz étant créée par valorisation de déchets agricoles ou ménagers. L’AFGNV s’est donc faite force de propositions et développe 4 grands axes de travail qui permettraient un essor plus intense du gaz comme carburant.

L’AFGNV en faveur du gaz carburant

L’association plaide ainsi en premier lieu pour un maintien de l’attrait fiscal du gaz carburant en comparaison avec l’essence ou le diesel. Plus qu’un maintien, l’AFGNV souhaite même que la fameuse TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) soit même plus avantageuse encore qu’elle ne l’est actuellement pour le gaz. La répercussion d’une telle politique fiscale serait évidemment de rendre plus accessible encore ce carburant au détriment des autres, d’inciter les conducteurs à y avoir recours.

Deuxième piste proposée par l’association : continuer de soutenir l’achat de véhicules roulant au gaz. Car si pour le moment leur coût est plus élevé que celui des modèles essence ou diesel, une mesure fiscale à destination des entreprises a toutefois été mise en place. Pour les établissements relavant de l’Impôt sur les Sociétés, une déduction de leur résultat imposable de 40% de la valeur d’achat d’un véhicule de plus de 3,5T est la règle. L’AFGNV demande d’ouvrir ce même dispositif aux véhicules de moins de 3,5T, soit la totalité des petits et moyens véhicules et voitures.

Autre point fort du livre blanc, l’essor plus marqué des stations d’approvisionnement. Un point sensible en effet car sans maillage dense sur le territoire, comment opter pour une flotte de véhicules roulant au gaz ? L’AFGNV note que seule 43 stations de GNV sont ouvertes au public tandis qu’il en faudrait au moins plus du triple, soit 150 unités au total d’ici 2020. Un investissement estimé à quelques 150 millions d’euros à mettre en place via des PPP (partenariats public-privé). Mais l’AFGNV en appelle d’abord aux Pouvoirs Publics.

Enfin, l’AFGNV rappelle que la filière du biométhane est des plus prometteuses et que la France dispose à ce titre d’un potentiel de développement majeur. Pour autant, là encore il faudra une réelle volonté politique au niveau national et local afin de favoriser l’installation de nouvelles unités de méthanisation.

Source de l’article Le gaz.fr l Auteur  l Le 20 Avril 2016

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