Fonroche met en service la plus grosse unité de production de biogaz

Spécialiste du solaire, l'entreprise implante son premier méthaniseur. Injecté dans le réseau de gaz naturel, le biogaz est d'abord destiné à alimenter les flottes de véhicules.

Un immense hangar, de grandes cuves, quelques appareillages dotés de tuyauteries compliquées. Le tout regroupé sur un site de 1,5 hectare dans une zone industrielle de Villeneuve-sur-Lot. La société Fonroche vient d’inaugurer la plus importante centrale d’injection de biométhane en France. L’investissement de 13,5 millions d’euros, supporté par Fonroche, aidé par Air Liquide, est à la hauteur des enjeux. Cette unité deméthanisation va fournir 34.500 mégawattheures (MWh) de gaz par an, soit l’équivalent de la  consommation annuelle de 11.000 habitants, permettant d’économiser autant de ressources fossiles, tout en résolvant le problème des déchets agricoles.

Baptisée « BioVilleneuvois », cette unité récupère les déchets d’une cinquantaine de fermes dans un rayon de 15 kilomètres : broyats de maïs, effluents d’élevages (fientes, fumiers, lisiers issus de récoltes et semences), ainsi que des sous-produits d’industries agroalimentaires. Après avoir été stockés, puis subi plusieurs traitements, ces intrants sont introduits dans un digesteur d’une capacité de 8.000 tonnes dans lequel, pendant trente à quarante jours par une température un peu supérieure à 40 degrés et en l’absence d’oxygène, ils vont fermenter et produire un biogaz. Celui-ci est ensuite épuré grâce à une nouvelle technologie membranaire par Air Liquide pour être injecté dans le réseau de gaz naturel.

Fertilisant organique

Quant au « digestat » issu du processus de méthanisation, il est ensuite épandu comme un engrais sur 4.000 hectares de terres agricoles des environs.  « Contrairement au lisier, le digestat est débarrassé des mauvaises odeurs et plus facilement assimilable par les plantes », assure Yann Maus, le président-fondateur de Fonroche.  « Ce fertilisant organique naturel permet aux agriculteurs de réduire jusqu’à 60 % les apports chimiques sur le territoire, grâce à une fertilisation raisonnée, économique et responsable », insiste-t-on au Conseil régional d’Aquitaine, qui a soutenu le projet à hauteur de 600.000 euros.

L’entreprise, qui exploite des centrales solaires en France et dans le monde, avec un CA de 94 millions, a reproduit le même modèle économique dans le domaine de la méthanisation. Avec la volonté de maîtriser l’ensemble du processus depuis le développement du projet jusqu’à l’exploitation. Fonroche a signé un partenariat avec le danois Bigadan, un spécialiste du secteur  « qui possède une cinquantaine de références », insiste Yann Maus. L’intérêt étant d’utiliser sa technologie sous licence tout en transférant progressivement une partie du savoir-faire.

Une maîtrise cruciale puisque Fonroche a une douzaine de projets en développement, dont la moitié vont démarrer d’ici à un an et notamment à Loudéac, en Bretagne, ainsi qu’en Vendée et dans le Gers, à proximité d’élevages de canards. Chaque fois en partenariat avec Air Liquide Advanced Business & Technologies, qui rachète le biogaz et a pris 5 % du capital de Fonroche Biogaz. L’objectif sera d’alimenter les flottes de camions, notamment celles de la grande distribution, fonctionnant au bio-GNV (gaz naturel pour véhicules).  « Le secteur de la mobilité est aujourd’hui la meilleure façon de valoriser le biogaz », assure Xavier Pontone, directeur marchés et technologies avancés Europe au sein du groupe Air Liquide, qui devrait inaugurer une première station de distribution dans l’est de la France.

Source de l’article Les Echos.fr l Auteur FRANK NIEDERCORN

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